Pensée du mois

Mai 2022

Maître de mes pensées…

Je suis le maître de mes pensées, je suis le capitaine de mon âme… William Ernest Henley
Car comme il a pensé dans son âme, tel il est… Proverbes 23.7

Que vous croyiez ou non aux mondes parallèles, vous ne pouvez ignorer — si vous faites, comme moi, partie de la famille humaine — qu’il existe un monde invisible, tellement réel et puissant qu’il contrôle nos paroles et la plus grande partie de nos actes. J’ai nommé, vous l’avez reconnu, le monde de nos pensées. C’est un univers grouillant de vie ; nous en sommes les seuls propriétaires, bien qu’il soit peuplé d’un grand nombre d’acteurs : notre moi conscient, notre inconscient, notre subconscient, ainsi que tous les avatars qu’ils produisent. Certains parlent haut et fort, d’autres sont là incognito et nous glissent suggestions, impressions, sensations avec plus ou moins de finesse, plus ou moins d’impact. Tout ce petit monde ne dort jamais, ne se repose jamais, ne se tait jamais ! Et vous vous étonnez encore que nous soyons si souvent fatigués ?

Je suppose, bien que rien ne le prouve, que ce fonctionnement anarchique est la conséquence du décentrage qui a résulté du choix de nos grands-parents dans le Jardin originel. Nous serions comme des dieux, qu’il avait dit, le Menteur… et effectivement minuscules et ridicules divinités quasi impotentes, nous régnons sur un monde abimé, complexe et incertain : notre propre vie. Nous réussissons aussi bien avec la gestion de nos pensées qu’avec celle de la planète-berceau qui nous avait été confiée. Nous avons généré un dérèglement prolifique caractérisé par la multiplication exponentielle du mal et la perte des écosystèmes de vie qui apportaient l’équilibre, la sérénité et la pérennité.

Si je ne vous ai pas perdus, égarés quelque part dans le dédale de mes pensées, j’aimerais quand même vous dire que ce n’est pas une fatalité. Lorsque nous consentons à la possibilité d’être reconnectés avec le Créateur, nous lui donnons le pouvoir d’injecter sa vie en nous pour nous recentrer. Ce n’est pas une guérison permanente et définitive, mais plutôt un rééquilibrage qui doit s’effectuer autant de fois que nécessaire pour que chaque chose reprenne sa juste place. Si nous acceptons, décidons, de laisser ses pensées mettre de l’ordre dans les nôtres, nous pouvons retrouver une position d’autorité depuis laquelle nous orientons et régulons ces flux anarchiques de pensées.

N’imaginez pas que je vous parle là d’une découverte récente ; David l’avait bien compris, lui qui dans les poèmes que nous appelons « les Psaumes » écrivait : j’ai dit à mon âme tiens-toi tranquille ! Ne t’affole pas, ne panique pas, je t’ordonne de rester paisible et silencieuse comme un enfant repu sur les genoux de sa mère. Je paraphrase, bien sûr, mais lisez les psaumes et vous verrez.

Le Nouveau Testament, par la plume de Paul, nous propose un outil supplémentaire, fort utile dans ce travail de « domestication » de nos pensées : que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louanges, soit l’objet de vos pensées (1). Il est à nos pensées ce que le foie et les reins sont à notre corps, un filtre puissant et efficace.

Si nous prenons autorité, si nous acceptons d’être connectés à la vie de l’Esprit qui nous donne force et énergie, si nous employons le filtre présenté précédemment, nous serons surpris de l’ordre reposant qui peut régner dans ce qui n’était auparavant qu’une foire à l’empoigne. À la place des idées sales, des pubs mensongères, des ragots et cancans divers et variés, d’un contenu sans aucune valeur, nous aurons des pensées propres, claires, limpides, constructives, aimantes, et surtout nourrissantes. Ce n’est pas un travail qui se fait en un jour ; nous aurons des rechutes, des échecs, des combats perdus. Mais, progressivement, nous serons de mieux en mieux équipés, de plus en plus aptes à cultiver un jardin de pensées positives, authentiques, non polluées et nutritives. Nous retrouverons le Jardin perdu, différemment, invisible aux regards, mais tout aussi beau que le premier, le jardin de la pensée de Dieu, ses pensées que nous avons fait nôtres, parce que nous avons compris que c’était le meilleur pour nous, parce qu’elles embaument son amour, sa bienveillance, sa douce sollicitude à notre égard.

Je vous invite donc pour ce beau mois de mai, ainsi que pour les suivants, à cultiver le jardin de vos pensées en union de cœur et d’esprit avec le Grand Jardinier. Soyez un peu patients et vous verrez les fleurs ravissantes, les fruits magnifiques que vous récolterez…

En pensée avec vous… Philip

(1) Philippiens 4.8